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SANTA CRUZ DE TENERIFE > MINDELO

21 janvier 2017 — by Julie0

Le Spi nôtre meilleur allié durant cette traversée !

Nous partons pour le Cap Vert le 1er novembre à 13h, malgré un GRIB (fichier météo) annonciateur de larges zones de non-vent. Laissant derrière nous une flotte de joyeuses rencontres. Joël est au bout du ponton pour nous larguer les amarres. C’est bizarre cette sensation, pour la première fois depuis le début du voyage, j’ai ce petit pincement au cœur. Celui qui vous annonce qu’un lieu, des gens vont vous manquer. Le bateau prend tranquillement la direction du large sous des hurlements de lambi (gros coquillage, duquel on scie le bout pour pouvoir émettre un son), soufflés par Joël. Quel départ ! Enfin second départ, car je vous rappelle notre tentative une semaine plus tôt qui nous avait valu un aller retour à la marina dans la nuit. Cette fois-ci on y croit, il le faut car des amis nous attendent pour le 10 novembre à Mindelo.

 

Nous longeons les côtes de Tenerife jusqu’à la fin d’après midi de façon studieuse. Victor me donne un petit cour de régulateur d’allure, histoire d’être bien calée pour la traversée. Alors entre mille questions, dauphins, globicephales et baleines (au loin malheureusement) prennent le temps de nous distraire. Après l’effort… le réconfort, nous dînerons dans le coquepit face au soleil couchant sur le majestueux « Pico del Tiède ».

 

Lecture du moment…

Il faudra bien deux jours pour que les îles de l’ouest des Canaries viennent à disparaître complètement. Doucement les quarts rythment nos journées. On prend le temps de lire, d’écrire et de cuisiner. Nous essayons de mettre en place un journal de bord, mais ça ne prend pas trop. Un carnet qui retrace notre avancée (position gps, allure, état de la mer, manœuvres, direction du vent, observations) mais qui demande assiduité et régularité. Peut-être trop académique pour nous. Il faut qu’on le repense un peu.

La route directe vers Mindelo, croise le chemin de quelques cargos et bateaux de pêcheurs, mais rien à voir avec le Gascogne. La plupart des nuits nous les passons seuls dans le coquepit à bouquiner. Mise à part une nuit.
Une nuit pourtant banale : beau temps, belle mer. Lors de mon quart 3h/6h, je veille à plusieurs reprises sans rien apercevoir à l’horizon, jusqu’à ce qu’en moins de dix minutes apparaissent un, puis deux, puis trois… Onze points lumineux vert clignotant. Panique totale ! Je ne veux pas réveiller Victor tout de suite. Je garde mon sang froid et essaye d’analyser la situation. Les jumelles dans une main, la montre dans l’autre, j’observe à quelle vitesse elles se déplacent et se rapprochent de nous. Je fais également un point sur openCPN (notre logiciel de navigation), on se sait jamais, quelque chose était peut-être signalé à la carte, mais rien. C’est vraiment curieux, alors je commence à délirer : « Peut-être un sous-marin… Mais non Julie… Pas onze sous-marins d’un coup ».
Et puis je craque, je réveille Victor lorsque le bateau passe à seulement une vingtaine de mètres d’un des points lumineux. Il observe comme moi avec curiosité la scène. Nous concluons cet épisode comme étant des balises à la dérive avant d’en reparler avec d’autres bateaux une fois à Mindelo. Certains nous dirons par la suite, qu’il existe des filets dérivants dans ces zones, mais personne d’autre ne nous a signalé avoir rencontré ce type de situation pendant sa traversée… Alors peut être bien que ma version des sous-marins se tient (qui sait).

 

Réserve de poisson inespérée !

Dans l’ensemble cette navigation est agréable, au portant et sous le soleil, nous ferons tout de même une trentaine d’heures au moteur. On s’en sort pas si mal par rapport à ce qui était annoncé. Seule ombre au tableau, la ligne qui traîne depuis 5 jours n’a toujours rien donné. Victor désespère. Deux belles prises finiront par rassasier nos estomacs samedi et dimanche. L’honneur est sauvé… Vous ne vous rendez certainement pas compte, mais arriver bredouille d’une traversée c’est un peu comme « la mer sans vague, les vagues sans écume, l’écume sans sel, le sel sans poivre, le poivre sans…  » enfin autant de pas revenir (dixit Victor). Une nouvelle règle est mis en place, chaque fois qu’un poisson est plus long que le précédent, on s’autorise un petit apéro avant le dîner.

 

Nous arrivons à Mindelo 8 jours plus tard, par le chenal des îles de Santo Antao et Sao Vicente. Il nous tarde de gonfler l’annexe pour nous dégourdir les jambes et découvrir cet archipel dont on a si souvent entendu parler depuis le début du voyage.

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