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Vie à bordProjet pédagogique

QU’EST CE QUE VOUS MANGEZ ?

29 janvier 2017 — by Julie0

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Visite guidée de notre « gigantesque » cuisine !

Tout d’abord, difficile d’écrire cet article, sans vous avouer notre plus grand vice : la gourmandise. Déjà sur Nantes, nous pouvions passer des heures à cuisiner pour nous ou pour les autres, ensemble ou chacun dans notre coin. Alors ce n’est pas le bateau qui nous fait peur, bien au contraire, ça relève encore un peu plus du défi.

A bord, les conditions en mer, l’espace et le matériel nous contraignent au quotidien. Nous nous sommes donc adaptés à notre environnement :
> Le frigo est optionnel. Il n’est mis en route que si la charge des batteries le permettent. Les batteries sont alimentées par un panneau solaire et une éolienne. Nous avons donc appris à nous passer de produits frais. En navigation, seul la conservation du beurre et du poisson frais reste un problème.
> Le gaz est une ressource précieuse. Nous optimisons, dès que c’est possible les temps de cuisson sur notre four/gazinière. La cocotte minute est notre meilleure alliée.
> Chaque litre d’eau est compté car nous n’avons qu’une autonomie de 250L. Elle nous sert à cuire nos aliments, à faire la vaisselle et notre toilette. Pour boire nous avons de l’eau minérale en bidon. Alors toutes les combines sont bonnes : le riz se cuit façon pilaf c’est à dire par absorption, l’eau des pâtes est mélangée avec de l’eau de mer permettant de saler directement…
> Sur un bateau, l’air ambiant est très humide. La conservation des produits frais est donc assez courte. Nous les choisissons en conséquence. Pour les conserver le plus longtemps possible nous lavons tous les fruits et légumes avant de les ranger. Les tomates, carottes, poivrons, sont fragiles, donc consommés rapidement. A contrario les courgettes, oignons, pommes de terres, patates douces… sont assez résistants. Les œufs quant à eux peuvent être conservés des semaines, il suffit de les retourner de temps en temps.

En prenant en compte toutes ces contraintes, voici de quoi nos menus sont fait :
> Pain : il est la plupart du temps frais et fait « on the board » par Victor deux fois par semaine. Selon l’humeur et les envies, nous varions les garnitures et les formes à loisir. Plus exceptionnellement, quand Victor a les doigts et surtout les papilles qui le démange, il fait des  petits pains au lait, de la brioche, des pains « buns » pour les  burgers…
> Fruits et légumes frais : nous les conservons à deux endroits stratégiques. Les agrumes, fruits exotiques et les bananes, dehors dans un filet, sous le panneau solaire. Et tout le reste dans une grosse cagette aérée à l’intérieur du bateau. Nous achetons ce que nous trouvons sur place. Cela nous oblige à cuisiner de nouveaux produits.
> Pêche : activité favorite de Victor en navigation. La ligne traîne constamment dans l’eau. Il existe pleins de façons de le consommer et de le conserver (saucissons, bocaux…). Pire qu’une enfant, je me lasse très vite du poisson à tous les repas, au point d’en être dégoûtée. Alors dès qu’on le peut on fait appel à notre imagination, pour diversifier, transformer et agrémenter thons et dorades qui mordent à l’hameçon… Voir notre saga d’articles « De la mer à l’assiette ».
> Pâtes : c’est ma spécialité à bord. Je pétris chaque fois qu’il le faut pâte brisée, sablée, à pizza, appareil à cake, gâteaux… Et hop au four !
> Bocaux maison : tout y passe, viandes, plats préparés, pêche du jour, légumes et gâteaux. On les renouvelle dès que c’est possible… A condition d’avoir du gaz pour la stérilisation.
> Produits laitiers : le lait en poudre remplace la brique de lait (un gain de place) et les yaourts à température ambiante nos yaourts traditionnels à mettre au frais (nature ou aux fruits). Lors de nos escales, nous achetons du fromage local (quand c’est possible). Les fromages que nous avons l’habitude de trouver dans nos rayons de supermarchés en France sont hors de prix en général.
> Conserves : nous avons malgré tout besoin d’un stock de conserves pour agrémenter certains plats (betteraves, haricots verts, purée de tomates, concentré de tomates, sauces à pâte, fruits aux sirop, crèmes dessert…). Les plats préparés (même si nous en avons horreur !) sont très pratiques lors de gros temps en navigation.
> Féculents : c’est la base de notre alimentation. Alors il était important d’en avoir un stock varié (lentilles verte et corail, quinoa, boulgour, blé, pois cassés…), en dehors des classiques mais incontournables pâtes/riz/semoule.
> Viandes : consommée en général en escale, elle est plutôt rare, car soit trop chère ou mal conservée.
> Épices et sauces variées : elles mettent du goût et des couleurs dans nos assiettes.
> Petites friandises : bonnes pour remonter le moral des troupes à bord. Sous forme de chocolat, de gâteaux et fruits secs, de barres de céréales… Nous les consommons avec modération.

Voilà, nos repas ne sont pas bien différents des vôtres finalement. Nous sommes juste contraints de tout transformer nous même. Lorsque l’on a du temps et l’envie, c’est un vrai plaisir. Aujourd’hui on se demande bien ce qu’on trouvera à mettre dans notre frigo à notre retour.

Bien évidemment nous ponctuons aussi notre alimentation de petits plaisirs locaux, en dégustant des plats traditionnels dans des restaurants sympas. (Voir article « Avez vous découvert de nouveaux goût? »)

Vous n’auriez pas des recettes sympas (deux fois sympas) à partager par hasard ?

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