Préparatifs

M-3 : vie sur le bateau

10 juillet 2016 — by Julie0

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Préparatifs

M-3 : vie sur le bateau

10 juillet 2016 — by Julie0

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Toujours au chantier de l’Esclain, je vous avais laissé sur nos débuts de randonneurs des mers citadins… en hiver.

L’arrivée du printemps redonne vie au chantier, les bricoleurs réinvestissent les lieux, de nouveaux bateaux prennent place au fur et à mesure des mises à l’eau et la dizaine de personnes habitant, comme nous, sur leurs bateaux pointent le bout de leur nez. Avec le froid, l’humidité, les heures d’hiver et le rythme de chacun, il était difficile d’établir un vrai contact avec nos voisins, hormis quelques salutations timides et polies.

Avec l’arrivée du soleil, nous faisons la connaissance de Thierry, retraité, qui vit sur son catamaran violet depuis des années : l’incontournable des lieux. Nous profitons de son expérience en matière de travaux et une vrai relation de voisinage s’intalle. Nous nous prêtons le matériel, les conseils et passons de bons moments. Début Avril arrive aussi Manon et Arnaud, heureux propriétaires de « Daffy », un Dazybao en aluminium. Après avoir remis à neuf la totalité de l’intérieur (nous sommes vraiment admiratifs…), ils projettent de mettre les voiles pour l’été 2017. On s’invitent à tours de rôle pour échanger sur nos projets, envies et bons plans.
Les mois passent, et nous nous apercevons que nous sommes loin d’être les seuls ni les premiers à larguer les amarres des bas de Chantennay pour les tropiques. Le chantier s’avère être un va et vient de voyageurs de tout horizons et de tout âges. Contrairement à ce que l’on pensait, pas mal de jeunes de nos âges. C’est le cas de Thomas, sur « Amazonia », un Écume de mer, qui après un tour de l’Atlantique de trois ans à bord d’un muscadet, s’apprête à partir en couple, vivre au Brésil. Mais aussi Alexis, sur son 35 pieds, qui sera également sur le départ à l’été 2017. Nous aimons maintenant y passer nos weekend, ambiance décontractée et bon enfant.

Après avoir poncé la coque comme il se doit, nous pensons attaquer la peinture au gelcoat tout début mai. Tout est prêt… mais il en sera autrement. Le dernier weekend d’avril, Victor chute du bateau, en évitant au passage mât, échelles et toutes sortent d’outils aussi dangereux les uns que les autres. Nous atterrissons aux urgences, et malgré l’ambiance décontracté que l’on y apporte, nous nous doutons un peu du verdict… l’épaule est fracturée. On prend alors conscience des conséquences d’une telle blessure pour la suite du projet. Le rétroplanning défile dans nos têtes puis les questions… on ne va jamais y arriver. Après avoir émis l’hypothèse d’une opération, les chirurgiens nous laissent finalement partir avec une atèle et quelques médicaments. Le bras immobilisé, en écharpe, Victor est arrêté pour les deux derniers mois qu’ils lui restait à travailler. Non seulement il faut ré-imaginer entièrement le planning des travaux, mais Victor est aussi déçu, ce n’est pas comme ça qu’il voulait que ça se termine professionnellement. Une semaine sera nécessaire pour digérer la nouvelle, ce n’est pas le moment de lâcher…

La première dead-line, est la mise à l’eau du bateau, prévu pour le 6 juillet. Il nous reste donc deux mois pour finaliser la coque. Nous faisons appel, une fois n’est pas coutume, à notre entourage, qui répond présent. Encore merci à eux. Victor, en bon capitaine estropié, mène le chantier à la baguette : deux à la réalisation de la gelcoat et deux à l’application. La première couche est passée mais le bateau ressemble à un mur en crépi. Nous nous rendons compte rapidement de notre erreur : le gelcoat n’est (vraiment) pas une bonne idée, en tout cas pas au rouleau. Après de nombreuses recherches durant l’hiver, Victor avait pris la décision d’opter pour ce procédé bien moins cher et plus résistant. Malgré mon optimisme débordant, nous sommes obligés d’admettre qu’il va falloir tout recommencer… deuxième coup dur.
La seconde tentative est la bonne, nous ne faisons plus les apprentis chimistes, nous utilisons, de l’international bicomposant, et le résultat est bluffant. Commence alors un jeu de cache-cache interminable avec les nuages et le soleil, pour passer les trois autres couches. L’application de ce genre de peinture exige une température entre 15° et 20°, un temps sec mais pas trop ensoleillé, autant vous dire que vu le début d’été que nous avons, ce n’est pas gagné. Alors Victor saute sur la moindre occasion pour sortir ces pinceaux. Fin Juin il nous reste tout juste le temps de passer l’antifooling, poser les stikers et vider le bateau avant le départ, prévu le 8 juillet !

En parallèle de tout ces évènements, le travail à continue pour moi jusqu’au 5 juillet, et s’intensifie avec la sortie du site et le lancement du financement participatif sur Ulule. Je vis les dernières semaines, comme une succession de dernières fois : dernier atelier avec les enfants, dernières nuits d’internats, dernier dej’ avec les copines, dernier verres au Live’bar, dernières douches au chantier (c’est bien un moment qui ne va pas me manquer !), et ce n’est que le début.

Deux jours avant notre départ vers la Bretagne, nous organisons un pot pour la mise à l’eau au chantier. Sous un soleil de plomb, amis, collègues et voisins de joignent à nous pour trinquer. Le bateau reste ouvert pour que chacun puisse se faire une idée de notre vie à bord. Alors chacun y va de son commentaire : «ah oui c’est petit !», «C’est vraiment mignon», «faut pas être gros pour les toilettes». Nous prenons beaucoup de plaisir à initier nos amis et à lever certains mystère le temps d’une soirée !

Le 8 juillet au matin, « Happy Squid » met les voiles, du ponton Bélem, avec un équipage de choc en prime (Vivien, Marie-Soraya et Marius), pour la Trinité-Sur-Mer, où il troquera son vieux gréement pour un apparat tout neuf. Les préparatifs se feront ensuite sur Quiberon, à Port Haliguen.

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