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LA TRANSAT’

25 mars 2017 — by Victor1

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LA TRANSAT’

25 mars 2017 — by Victor1

Veille du grand départ : dernier verre tous ensemble !

Alors ça y est nous y voilà. On s’apprête à faire notre première grande traversée, celle de l’Atlantique. Il n’y a pas moins de 2200 miles qui nous séparent des Antilles et « Happy Squid » est fin près pour nous y amener. Depuis que nous sommes partis de Bretagne, le bateau nous a apporté pleine satisfaction. Nous avons juste fait les quelques petites modifications que nous jugions nécessaires, au Canaries. Nous avons attendu à Mindelo que les alizés de nord-est soient établis avant de se lancer. Alors je sais que l’on n’appareille jamais un vendredi, que ça porte malheur. Mais la superstition n’est pas notre maître mot à bord. Quitte à en faire sursauter certains, on a même du pâté de lapin à bord. C’est donc le vendredi 2 décembre que nous levons l’ancre, heureux d’affronter cette expérience. Nous sommes tout de même sur le qui-vive. L’océan est imprévisible et la rigueur est de mise pour parer à tous désagréments.

Nous partons vers 13h de Mindelo. Et comme beaucoup de bateaux attendaient une bonne fenêtre météo, nous sommes une bonne dizaine d’équipages à hisser les voiles à la sortie du port. Nous nous suivons ainsi, de près ou de loin, pendant les 3 premiers jours. L’occasion est trop belle, nous en profitons pour se shooter mutuellement, afin d’avoir quelques clichés de nos bateaux sous voile. La VHF devient un amusement. On prend des nouvelles des uns des autres, nous échangeons sur les décisions à prendre sur le cap, qui a eu la plus belle prise du bord… Puis plus rien, silence radio jusqu’à la fin.

 

Notre poule d’eau

Poisson volant retrouvé sur le pont…

Dès le premier soir, nous avons un invité de marque dans le coquepit. Une pétrelle, est venue s’y loger, après s’être pris de plein fouet la grand voile. Julie est un peu affolée, car la bête est, comment dire… encombrante (les ailes déployées : 1m). La cohabitation durera jusqu’au petit matin, une fois requinquée, notre poule d’eau réussit enfin à se frayer un chemin parmi tous les bouts. Avec les lueurs du matin, nous découvrons également une quantité de poissons volants sur le pont. Et ce n’est qu’un début. Quand ils ne nous percutent pas directement, ils se faufilent dans les voiles, le taud, le sceau, les bouts… laissant une bonne partie de leurs écailles et une odeur très forte.

La daurade coryphène : avant / après

 

La première semaine de nav est très agréable. La mer est belle et le bateau ne roule pas trop, ce qui nous permet de bien se reposer. De bonnes pêches égaillent les journées et ajoute du plaisir dans l’assiette. On se régale de dorades coryphènes (notre prise la plus grosse : 1,10m). Les premiers jours, toujours un peu difficiles pour Julie, sont agrémentés de pains maisons au pépites de chocolat, de crêpes… tant que nous pouvons encore se le permettre.

Coté hygiène, les douches sont quotidiennes et font un bien fou. Ce qui ne nous empêche pas (nous y avions échappé jusqu’ici), de voir apparaître nos premiers boutons de fesses, dûs aux frottements de la position assise. Un vrai plaisir !

La prise de fichiers météos nous permet d’éviter les gros coups de vent et les zones de pétole (non vent).

Après avoir téléchargé un de ces fichiers, nous avons opté dès le 4ème jour de prendre une route plus sud que la route directe vers la Martinique. L’option s’avère bonne. Après 36h de cap au sud-ouest poussés sous spi par un vent de est-nord-est atteignant timidement les 10nds, les alizés se renforcent un peu pour s’établir à 20nds toujours de est-nord-est. Le bateau file vers la Martinique à bon train. Ce n’est pas pour nous déplaire. Nous sommes même ravis de cette avancée et de constater qu’après 7 jours de navigation nous avons déjà parcouru la moitié de la distance.

Voilure type de la transat’ :  en oreille

Forcément le bateau devient moins confortable, nous remplissons moins les tasses et il nous faut tout anticiper, à chaque fois que l’on pose quelque chose et où la prochaine vague va la déplacer.

Le mardi de la deuxième semaine, le vent est monté en puissance, la météo avait bien annoncé un durcissement à 25 nds mais pas les 35 qui nous sont tombés dessus. Le vent encore, ça passe, mais on s’est retrouvés dans une mer croisée pendant 6 bonnes heures. C’est à dire que la houle venait à 60° par rapport aux vagues de vent. Nous avons réduit la voilure à trois ris et avons laissé juste un petit torchon à l’avant. Dans les vagues, le bateau sous pilote auto partait au lof en permanence. Alors j’ai passé 6 heures à la barre. Ce qui ne nous a pas évité un départ au tas magistral dans une vague un peu plus méchante que les autres. Le bateau a glissé à plat dans la vague qui est littéralement passé par dessus. Le bateau s’est relevé d’un coup sec, le cockpit plein de flotte. Bilans : 0 casse, 0 perte, 100% confiance au bateau et 100% trouillomètre à zéro.

Le reste de la transat c’est suivi d’un alizé assez soutenu à 25nds établi et accompagné de grains à répétition, sous une chaleur étouffante. Bienvenue sous les tropiques ! Alors nous sommes restés avec la grand voile réduite à 3 riz et un génois enroulé de moitié afin de pouvoir le réduire, voire le supprimer à tout moment. Autant que toute cette eau serve à autre chose qu’à user nos nerfs, nous en profitons pour se doucher, et passons notre temps en maillot de bain.

Victor à la barre et moi à l’abri…

Le temps commence à être long, les conditions n’aidant pas. Nous n’avons pas eu beaucoup de visite sur l’eau, avec ce bouillonnement permanent. Allez, à tout casser, il y a peu–être 5 ou 6 dauphins, et encore, de nuit à être venus se frotter à la coque. Pas de faune, mais par contre l’apparition de longues traînées d’algues, appelées sargasses, permettant aux petites tortues de voyager. Bon c’est sympa, mais ça ne m’arrange pas pour la pêche, je me retrouve en permanence à remonter la ligne, pour libérer l’hameçon.

Arrivés à quelque 50 milles de la Martinique, la VHF recommença à crépiter de temps en temps. Et vers 16h le samedi 17 décembre à 30 miles de l’arrivée nous avons capté une météo du cross Antilles Guyane annonçant un BMS (bulletin météo spécial) prévu à 2h du matin et maintenu pendant 24h, avec des vents à 30nds accélérant jusqu’à 40nds dans les canaux entre les îles. On peut dire que nous l’avons échappé belle. L’arrivée aurait été bien différente que celle que nous avons connue si nous étions arrivés 12h plus tard.

Mouillage de St Anne

Après un slalom de nuit et sous un bon gros grain entre les cassiers de pêcheur, Julie à la barre et moi au phare pour lui éclairer les bouées, nous finissons par mouiller, vers 23h30, dans la baie de ST Anne, parmi les quelques 300 autres bateaux déjà présent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire

  • Fevre

    10 septembre 2017 at 11 h 59 min

    Bonjour a vous,
    Felicitation pour votre parcour. Sachez que je suis nantais et que j’habite en nouvelle caledonie depuis 4 ans avec ma femme et enfant si des fois vous avez l’intention de fair un stop ca serra avec plaisir de vous aider . A bientot.
    Fred

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